
Colloque à Beauvais, 19 au 21 mai 2026
L’évêché de Beauvais, la Société académique de l’Oise et l’Unité de rechrche TRAME de l’Université de Picardie Jules Verne saisissent l’occasion de l’anniversaire des 800 ans du début de la splendide reconstruction gothique de la cathédrale de Beauvais après l’incendie de 1225 pour organiser une rencontre scientifique destinée à faire un point sur l’histoire des évêques qui ont dirigé le diocèse de Beauvais dans ses différentes dimensions géographiques au fil des siècles.
L’actuel diocèse de Beauvais coïncide avec les limites du département de l’Oise depuis la Révolution. Cela implique donc de prendre en compte pour la période antérieure non seulement les évêques de Beauvais, mais aussi ceux de Noyon et de Senlis dont les sièges se trouvaient dans le territoire de ce qui est devenu ce même département. En revanche, ne seront pas au centre des préoccupations (sinon éventuellement au sujet des relations entre eux) les archevêques et évêques de Rouen, Amiens, Soissons et Meaux qui avaient juridiction sur certaines paroisses qui relevaient avant la Révolution du territoire de l’actuel diocèse de Beauvais. Néanmoins, les territoires des évêchés de Noyon et de Senlis seront pris dans leur intégralité jusqu’à la Révolution.
Les investigations porteront sur la très longue période depuis les origines des ces évêchés (dans l’Empire romain chrétien et/ou le royaume des Francs), une question historique particulièrement délicate, jusqu’en 1965, année correspondant localement au décès de Monseigneur Pierre-Marie Lacointe (23 avril 1965) et plus globalement à la clôture du concile du Vatican II (8 décembre 1965) qui a fortement repensé la vie de l’Eglise catholique et son rapport au monde.
Que cela soit sous forme d’une approche monographique ou prosopographique, l’attention sera avant tout portée sur la personnalité des évêques et sur leur gouvernement diocésain.
Sont donc attendues notamment des études envisageant leurs origines sociales, leurs formations intellectuelles et spirituelles, leurs carrières.
Puisqu’ils sont prêtres, prophètes et roi, il conviendra d’analyser leur pastorale en direction des fidèles, le recrutement de leur clergé, les dévotions religieuses qu’ils favorisaient, leur positionnement dans les débats théologiques (dans leur diocèse, dans les conciles, mais aussi dans les débats nationaux et internationaux, en particulier face aux hérésies, aux Réformes protestantes, à la sécularisation moderne et contemporaine de la société), etc.
Grâce aux témoignages souvent plus nombreux dans les archives, il s’agira aussi d’analyser leur gouvernement de la communauté chrétienne qui leur était confiée dans leur diocèse, l’organisation institutionnelle et territoriale de ce dernier, le développement de leurs auxiliaires et de l’administration épiscopale (officiaux, vicaires, etc.), la juridiction exercée sur les institutions religieuses dans le diocèse (patronage, synodes, visites pastorales, etc.), etc.
Enfin, on s’intéressera aux relations entre ces évêques et les autres pouvoirs religieux et séculiers. Dans l’Eglise, on pourra scruter leurs relations collégiales avec le reste de l’épiscopat, en particulier à l’échelle de la province ecclésiastique et du pays. La montée en puissance de la papauté, surtout à partir du milieu du XIe siècle, impliqua une redéfinition des rapports hiérarchiques et des compétences spirituelles et juridictionnelles.
Ces évêques ont aussi été d’importants acteurs politiques et des agents administratifs de première importance au niveau régional dans l’exercice du pouvoir temporel du Moyen Age à la Révolution ; cet aspect étant particulièrement développé dans le cas des comtes-évêques de Beauvais et de Noyon. Cette position éminente et la relative proximité géographique en faisaient des interlocuteurs proches du roi de France, des conseillers et des serviteurs du pouvoir royal. Cette tradition de participation au gouvernement du pays et de dialogue étroit avec les dirigeants a connu un important redimensionnement depuis plus de deux siècles, avec le régime concordataire, puis la séparation des Eglises et de l’Etat depuis 1905 dans le cadre de la République.
Des communications sur le mécénat artistique des évêques de Beauvais, Noyon et Senlis seront les bienvenues, à l’exception de celles qui porteraient sur la cathédrale de Beauvais, dans la mesure où un volume de la collection La grâce d’une cathédrale est actuellement en préparation sur ce sujet.
Les propositions de contribution scientifiques au colloque (1000/1500 signes) sont à envoyer avant le 20 décembre 2025 à :
* Roselyne LE BOURGEOIS, maîtresse de conférences honoraire en histoire médiévale à l’Université de Picardie Jules Verne, présidente de la Société académique de l’Oise : roselyne.le-bourgeois@wanadoo.fr
* Pascal MONTAUBIN, maître de conférences en histoire médiévale à l’Université de Picardie Jules Verne : pascal.montaubin@u-picardie.fr
* Julien SEREY, conseiller de l’évêque de Beauvais : julien.serey@oise-catholique.fr